Voilà ce que j’écrivais dans un édito il y a quelques mois, persuadé qu’une cassure allait finir par arriver.
Un employé de banque joue librement avec les milliards de son employeur et lui en fait perdre cinq d’un seul coup (5 milliards d’euros). L’agence de notation Standard and Poor’s (S&P) informe, discrètement, que les bourses mondiales ont perdu 5 200 milliards de dollars (3 500 milliards d’euros) pour le seul mois de janvier 2008 ! Au même moment, la presse financière annonce un record : le déficit commercial français atteint 39 milliards d’euros en 2007 (contre 28 en 2006), alors que l’Allemagne quant à elle enregistre un excédent de 119 milliards. Pendant ce temps, notre environnement (l’air, l’eau et tout ce qui nous est vital) continue inexorablement à se dégrader. « On va dans le mur » dit-on. D’ailleurs, peut-être l’avez-vous déjà dit vous-même. Mais qu’à cela ne tienne, un de nos ministres qui n’entend pas être écarté de cette course folle croit utile de louer (sans devis préalable) un jet privé pour se rendre à New York pour la modique somme de 138 000 euros. Une goutte d’eau me direz-vous. Mais y a-t-il quelqu’un de raisonnable pour se préoccuper de notre dette publique ? Celle-ci avait représenté 35% du PIB en 1991, elle est passée à 58% en 2002 et à 67% en 2006. Chaque nouveau-né commence sa vie de citoyen français avec une dette personnelle de près de 20 000 €. En réalité cette dette est beaucoup plus élevée – le double sans doute – si l’on y ajoute, comme on devrait le faire, l’ensemble des engagements « hors bilan » (retraites que l’Etat et les collectivités devront payer) … ainsi que, entre autres, les 8 milliards d’euros de dettes retirées de la SNCF. Ces chiffres sont tellement énormes qu’on voudrait oublier qu’il nous faudra un jour payer l’addition.
Depuis, la machine s’est emballée avec les subprimes (crédits états-uniens consentis aux plus pauvres, transformés en titres (titrisation) et disséminés sur les marchés financiers à travers le monde), puis par voie de conséquence une belle crise financière, les chutes boursières, le manque de liquidités, l’augmentation du chômage, la diminution de la consommation, le ralentissement de l’économie … avec beaucoup de pauvres qui trinquent, quelques riches qui culpabilisent, et quand même des prises de conscience ci et là qui montrent qu’il faudra bien changer un jour. Mais toute la question reste de savoir quoi et comment changer, pour quel avenir, quel grand dessein. Où allons-nous ? personne ne sait répondre à la question. Je crois que sur le plan économique on a frôlé la catastrophe et le plan Gordon Brown – Sarkozy était une bouée de sauvetage assez réussie, mais pour finalement construire quel futur ? Tous les indicateurs nous montrent que nous devrons gérer nos vies autrement, travailler autrement, produire autrement, consommer autrement et que cela ne sert à rien de s’accrocher à nos vieux comportements de productivistes à tout va pour détruire encore un peu plus la planète et surtout nos santés. Mais, il faut se faire mal pour entendre raison. Voilà à quoi peut servir une crise. Je dois tout de même préciser que devant la situation actuelle, je reste encore optimiste, car c’est le moment où jamais d’inventer de nouveaux eldorados. Dans ce blog, nouvelle version, je tenterai d’en traquer quelques uns pour vous.





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