Au moment où les financiers de tous bords s’évertuent à réclamer plus de régulation et de transparence, certains d’entre eux s’ingénient à inventer de nouvelles formules spéculatives, tandis que d’autres n’hésitent pas à recourir aux vieilles ficelles de la fraude pyramidale. Que penser de cette gigantesque escroquerie, la plus importante de l’histoire de Wall Street, perpétrée par un ancien président du Conseil d’administration du Nasdaq, Bernard Madoff ?
Comment ne pas être saisi de défiance envers ceux que nous avions crus au-dessus de tout soupçon et qui, à force de mensonges et d’abus de confiance répétés, finissent par entourlouper des dizaines de milliers de crédules ? Et parmi ces derniers nos propres banques : Natixis et BNP Paribas qui, dans cette affaire, pourraient perdre jusqu’à 450 millions d’euros pour la première et 350 pour la seconde. La Société Générale et le Crédit Agricole ne sont pas épargnés, mais avec des pertes inférieures à 10 millions d’euros dit-on. Les banques ne sont pas les seules à être touchées. Axa a également déclaré avoir été victime des activités de Madoff.
La soif de l’argent rapide n’a pas de limites et cette affaire est finalement devenue emblématique des fausses promesses offertes par la finance et parfois accréditées par les politiques. Des montages financiers bidons reposent sur la croyance que l’on va pouvoir réaliser des profits exceptionnels rapidement. Au début, la clientèle accourt et les capitaux affluent. Personne ne dit rien, tant que l’engagement initial est respecté. Mais quand les caisses sont vides, la bulle explose. Savez-vous qu’en Albanie, un système de banques pyramidales s’est effondré en 1997, causant des émeutes qui ont fait des milliers de morts ?
Je côtoie à longueur d’année des gens qui sont à la recherche de la martingale qui peut les faire devenir très riches en une seule nuit. J’aimerais leur adresser cette parabole sur le monde de la bourse qu’un ami a eu la gentillesse de m’envoyer il y a quelques jours :
Une fois, dans un village, un homme apparut et annonça aux villageois qu'il achèterait des singes pour 10 dollars chacun.
Les villageois, sachant qu'il y avait des singes dans la région, partirent dans la forêt et commencèrent à attraper les singes. L'homme en acheta des centaines à 10 $ pièce et comme la population de singes diminuait, les villageois arrêtèrent leurs efforts.
Alors, l'homme annonça qu'il achetait désormais les singes à 15 $. Les villageois recommencèrent à chasser les singes.
Mais bientôt le stock s'épuisa et les habitants du village retournèrent à leurs occupations.
L'offre monta à 20$ et la population de singes devint si petite qu'il devint rare de voir un singe, encore moins d’en attraper un.
L'homme annonça alors qu'il achèterait les singes 50 $ chacun. Cependant, comme il devait aller en ville pour affaires, son assistant s'occuperait des achats.
L'homme étant parti, son assistant rassembla les villageois et leur dit : « Regardez ces cages avec tous ces singes que l'homme vous a achetés. Je vous les vends 35 $ pièce et lorsqu'il reviendra, vous pourrez les lui vendre à 50 $. »
Les villageois réunirent tout l'argent qu'ils avaient, certains vendirent tout ce qu'ils possédaient, et achetèrent tous les singes.
La nuit venue, l'assistant disparut.
On ne le revit jamais, ni lui ni son patron ; que des singes qui couraient dans tous les sens.











